Cette jonction trop mal connue
Il n’est pas d’électricien digne de ce nom sans une conscience claire de la mise à la terre. Beaucoup retiennent le raccourci “la terre, c’est pour éviter l’électrocution”, mais négligent les masses métalliques qui nous entourent.
Aujourd’hui, la norme NF C 15‑100 rappelle la nécessité de relier à la terre les cadres de fenêtres, les portes et autres éléments métalliques. Une masse métallique proche d’un câble alimenté, même sans contact direct, devient une réserve d’énergie, une capacité électrique, dont on se souvient quand elle nous envoie un petit “coup de jus” aléatoire.
C’est pour cela que nous allons faire le tour des schémas de mise à la terre, et rappeler les indispensables à avoir en tête.
Tout pour éviter l’ITT.
Le plus connu et le plus courant: en général, on le résume à un piquet de 1,5 à 2 m enfoncé dans le sol. Selon la nature du terrain, quelques précautions s’imposent; par exemple, on peut ajouter des gravillons dans les terres très argileuses pour améliorer la prise de terre. ( Pourquoi ? )
Souvent oublié, le fond de fouille se prépare avant les fondations du bâtiment. Il s’agit d’une grosse section d’acier galvanisé déposée au fond de la tranchée, qui converge vers la future position du tableau électrique, lui‑même relié à la terre par le piquet.
Mon brin de folie m’inviterait à tirer des jonctions entre les treillis et les structures métalliques, pour tout relier ensemble. Mais pousser trop loin cette idée pourrait transformer le bâtiment en quasi‑cage de Faraday, avec un Wi‑Fi difficile et un réseau mobile dégradé.
Le schéma IT est plus courant en milieu industriel, donc moins connu du grand public, et encore plus confus quand on le transpose à des véhicules mobiles avec source monophasée embarquée.
On met en avant sa capacité à encaisser un premier défaut de court‑circuit tout en assurant la continuité de service. Ce qui est trop peu expliqué, en revanche, c’est que la masse métallique de la terre, dite “flottante” dans ce schéma IT, devient dangereuse pour l’être humain au moment de l’alerte du premier défaut, alors même que la machine continue son service.
La Terre dans tous ses états